Pénurie des animateurs : les centres de loisirs et les colonies de vacances peinent à recruter.

Les deux années de pandémie n’ont fait qu’accentuer les difficultés de recrutement rencontrées par les accueils collectifs de mineurs (ACM). Cette période a été marquée par des fermetures de centres de loisirs, des annulations de séjours et des reports de formations. Cette crise fut aussi l’occasion pour certains, d’entamer une reconversion professionnelle creusant un peu plus le manque de personnel. 

Dans cet article, nous allons voir les causes de cette pénurie d’animateurs et les moyens mis en place pour y remédier.

Les colonies de vacances et les centres de loisirs sont le plus touchés par cette pénurie.

Pénurie d'animateurs

La pandémie du covid 19, a touché de plein fouet les colonies de vacances avec une baisse de plus de 50 % du nombre de séjours, passant de 54 840 en 2018-2019 à 24 351 en 2020. Pour 669 600 départs de mineurs sur l’année 2019-2020 (53 % de baisse en un an). 

Les centres de loisirs n’ont pas été en reste et ont dû revoir à la baisse leur capacité d’accueil des enfants, quand d’autres ont dû fermer laissant des parents sans offre de garde.

L’activité a repris depuis, mais 5.000 animateurs manquaient à l’appel cet été 2022.

Pénurie des animateurs quelles en sont les causes ?

La chute du nombre de Bafa délivré sous l'effet de la crise sanitaire

Selon l’institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire, seulement 31 000 brevets d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA) et brevets d’aptitude aux fonctions de directeur ont été délivrés en 2020. Ainsi, le nombre de BAFA obtenu cette même année a chuté de près de 12 000 soit 22% de moins que l’an passé.

Une tendance qui ne date pas d’hier mais que le Covid a amplifiée notamment avec les reports et annulations de formation. Entre 2016 et 2019, le nombre de BAFA attribué est passé de 54 800 à 42 900. Quant au nombre de BAFD délivré entre 2018 et 2020, il est passé de 2 300 à 2 000 BAFD en 2020.

Pourquoi les métiers de l’animation ne séduisent plus les jeunes

Le secteur de l’animation souffre d’un manque d’attractivité. Les collectivités et les organisateurs de séjours recrutent mais ne trouvent pas assez de candidats qualifiés et motivés.

L’un des freins est le coût de la formation BAFA entre 800 et 1 000 euros qui peut être compensé par le stage pratique s’il est rémunéré. Par ailleurs, les contrats de travail sont assez précaires et les conditions de travail difficiles avec des horaires souvent discontinus.

La rémunération est également pointée du doigt face aux responsabilités et l’engagement qu’induit la fonction. Prenons le cas d’un animateur en colonie de vacances, son indemnité minimum peut être fixée à 22,25 euros bruts par jour soit 2,20 fois le montant du SMIC pour un travail du matin jusqu’au soir. Ainsi, les jeunes ont tendance à se tourner vers des emplois saisonniers plus rémunérateurs.

Les solutions mises en place pour ranimer le secteur de l’animation

Pénurie d'animateurs

Face à cette pénurie, des mesures ont été mises en place pour encourager les jeunes à s’intéresser aux métiers de l’animation.

  • L’état met à disposition des jeunes des aides financières pour passer le BAFA,  dont 200 euros pour ceux qui ont commencé leur formation aux métiers de l’animation. Et 100 euros pour les services civiques qui s’inscrivent au BAFA à la suite de leur mission.
  • Certaines collectivités ont décidé de revaloriser le salaire des animateurs de 20% à 30%. 
  • Les délais d’obtention du BAFA ont été raccourcis (suppression des jurys prévue à partir du 1er avril 2023).
  • Dès cet automne 2022, abaissement de l’âge à partir duquel les jeunes pourront se former au BAFA ( de 17 ans à 16 ans).

Pour en savoir plus sur les autres mesures du gouvernement, vous pouvez consulter l’article : Quel plan pour redynamiser le secteur de l’animation ?

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